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Jean Marie Micolon, un meunier courageux

Jean Marie Micolon[i], un meunier courageux

Un ouvrage, publié en 1819, sur le « Prix de Nérondes » fait référence à la Fête du Fauteuil de son Altesse Royale, Madame, Duchesse d’Angoulême.

Cette fête a été décrétée pour perpétuer le souvenir du retour de sa majesté Louis XVIII à Paris le 8 juillet 1815. Il a été fondé lors de cette fête un prix de bonne conduite dont la troisième distribution a eu lieu le 8 juillet 1818.

Pour un homme, le prix était constitué d’une médaille ou plaque d’argent avec ces mots gravés « Bonne conduite » d’un prix de quatre francs et d’un bénitier d’argent surmonté d’une croix avec fleur de lys d’un poids et valeur de cinquante francs. Il serait accordé alternativement pour « bon ménage », « bienfaisance », « courage », « piété filiale » ou « bon serviteur ».

L’ouvrage donne des précisions sur les conditions nécessaires pour chacune des catégories…

Le comité de jugement a déclaré que cette année-là, le prix était relatif au courage. Pour l’obtenir, il fallait avoir donné l’exemple d’un dévouement généreux par lequel on s’oublie pour accourir au secours d’autrui.

Il y est fait état du naufrage d’un bac à Balbigny en mai 1818 et du rôle capital de Jean Marie Micolon, meunier à Balbigny dans le sauvetage de quelques-uns des rescapés. Les faits sont relatés car le dit Micolon a été décoré de la Médaille de « Bonne Conduite », Médaille qui lui a été remise lors de la « Fête du Fauteuil de son Altesse Royale, Madame, Duchesse d’Angoulême » à Nérondes en juillet 1818.

 « …Sur l’offre et la demande de M. Delandine, fondateur, le Comité a de suite décerné un second prix, de même valeur que le précédent, à Jean-Marie Micolon, meunier sur la Loire, né à Balbigny, canton de Nérondes.

Le 20 mai dernier, jour de la foire annuelle de Grénieux, le bac de Balbigny traversait environ cinquante-quatre personnes et beaucoup de bœufs et de chevaux, d’une rive de la Loire à l’autre. En ce moment, le fleuve était très rapide et grossi par d’abondantes pluies.

Le bateau était surchargé et à fleur d’eau. Une mauvaise manœuvre l’avait mis en travers du fleuve et fait légèrement pencher. Aussitôt l’eau est entrée, et tout à disparu. Quelque temps après, des chevaux ont surnagé, et six personnes, se cramponnant à leurs crins flottants, sont arrivées à bord.

Micolon, placé à une grande distance du lieu du désastre, en est témoin.

Quoiqu’il n’eût alors qu’un bateau frêle, et où l’eau pénétrait, il ne balança pas d’accourir au secours des naufragés. Après divers voyages, il a eu le bonheur d’en arracher cinq aux flots, et ne s’est arrêté que lorsque la nuit a interrompu ses secours, et qu’il n’a plus vu personne à sauver. Les cinq personnes qui doivent la vie à Micolon, et les six précédentes, sont les seules qui ont échappé à la mort ; les autres ont péri.

Le dimanche qui a suivi le 8 juillet, le Fauteuil de son Altesse Royale, Madame, Duchesse d’Angoulême, précédé et suivi des douze Gardiennes et de la Garde Nationale, a été déposé dans le chœur de l’église. A l’Offertoire de la Grand’messe, Maussier et Micolon ont reçu le Bénitier d’Argent des mains de monsieur le Curé, et la Médaille de Bonne Conduite de celles de Monsieur le Juge de Paix ; Ils ont eu l’honneur de s’asseoir alternativement dans le Fauteuil qui, après la cérémonie, a été solennellement rapporté chez le Fondateur, aux cris de Vive le Roi, vive Madame, vivent les Bourbons »

 

[i] Extrait du « Prix de Nérondes, Fête du fauteuil de Son Altesse Royale Madame, duchesse d’Angoulême. Fondation annuelle et perpétuelle pour consacrer le souvenir du retour de Sa Majesté en 1815 », par Antoine-François Delandine (ouvrage disponible sur Gallica)


Date de création : 31/01/2021 14:24
Catégorie : - Archives Micolon